Le commerce a tiré sa substance première de l'agriculture et surtout de la viticulture. Autrefois très développé, la proximité de Mulhouse l'a beaucoup desservi. Des 12 auberges que comptait Habsheim au début du XVIIe s., il n'en reste plus que 6: «A l'Ange», «Au Canon», «Au Cygne», «Au Tonneau», «A la Ville de Mulhouse», «Au Lion d'Or». La fonction de relais, de Habsheim, longue tradition de l'Antiquité au XVIIIe s. (mansio, péage, auberges, relais de poste) n'a plus de motivation: le trafic par rail air et autoroute ne concerne la localité que très partiellement. La seule activité commerciale ayant défié le poids des ans, mieux: qui ait pris une importance grandissante ces dix dernières années, est la traditionnelle foire de Simon et Jude (dernier dimanche et lundi du mois d'octobre). En comparaison, les autres marchés des Trois-Rois, de Carême et de la St-Jean, font piètre figure. Par contre le marché hebdomadaire (fruits et légumes, habillement, poissons en hiver) connaît un regain de fréquentation.

En dehors des cultures traditionnelles, on fait mention, dès 1408, des pois. Le tabac était cultivé avant 1728 et la culture du chanvre était bien représentée jusqu'au XVIIIe s. L'arboriculture était également développée: on cite des vergers de cerisiers dès 1292; les pommes, les poires, les cerises et les noix en 1577; les pruniers et les pêchers en 1780.

En 1760, les terres cultivables représentaient 431,51 ha, soit 66,7 % du ban communal; en 1895, les champs couvraient 538 ha, soit 81,2% de la surface totale. Cette progression s'est faite au détriment du vignoble. L'augmentation en valeur absolue de l'aire de terres labourables est également due aux défrichements de la Hardt, stoppés seulement en 1770 par le bornage définitif.

En 1979-80, la superficie agricole utilisée n'était plus que de 318 ha. C'est dire l'extraordinaire bouleversement apporté par l'extension du village, l'emprise de l'autoroute et de la sablière. Sur ces 318 ha, 184 consistent en terres céréalières.

 

Le remembrement, opéré en 1967, n'a pas eu que des conséquences heureuses pour l'agriculture: la mécanisation accrue, son corollaire, entraîne un endettement plus important qui rend l'acquisition de terres plus hasardeuse. D'autre part la réduction du parcellement offre à la spéculation immobilière un vaste champ de développement.           .

Phénomène général, le nombre des exploitations agricoles a diminué de 40 en 1954 à Il en 1973 et 9 en 1978. La surface cultivée diminue d'année en année à mesure que la superficie construite ou aménagée en voies de communication augmente. Cette transformation, relativement récente, se développa depuis les années 1960. Ainsi, l'autoroute, construite à partir de 1963 et mise en service en 1969, marqua le démarrage de ce phénomène. Elle amputa la zone agricole de plusieurs dizaines de hectares et la coupa en deux parties reliées par deux passages supérieurs rue des Bergers (Viehweg) et rue de Petit-Landau. L'industrialisation de la région créa des emplois aux dépens, entre autre, de l'agriculture. La construction de certaines entreprises industrielles et l'extension de la gravière rayèrent des dizaines de hectares de l'aire agricole. Le plan d'occupation des sols, en cours de réalisation, contribuera-t-il à la survivance de l'agriculture?

En 1979, on trouve aussi à Habsheim: 2 horticulteurs, 3 maraîchers, 1 apiculteur.

-          Collines:

Les glaisières et loessières ont alimenté, jusqu'au début du XXe s., poteries, briqueteries et tuileries locales.

Les carrières ont fourni un calcaire (oligocène molassique), de qualité inégale, souvent médiocre, employé comme pierre de taille et de construction. Le gypse était exploité à la limite des bans de Habsheim et de Zimmersheim.

Du lignite aurait été extrait à Habsheim vers la fin du XVIIIe s.

 

-          Plaines

Les sables et graviers ont été depuis toujours exploités dans de petites sablières:

-          les plus anciennes, mentionnées sur un plan de 1760, la Kaibsgrube et le Munyloch (cette dernière à l'emplacement de l'actuel lotissement St-Martin);

-          les gravières du XIXe s. et de la première moitié du XXe s.: celle du Viehweg d'Eschentzwiller, de la rue de Dietwiller, de la rue de Petit Landau dite «Sandgrube».La dernière en exploitation était la gravière Wolf, rue de Kembs, ouverte en 1914 pour la construction du train militaire à voie étroite Bantzenheim-Pfetterhouse et dont l'exploitation a été arrêtée en 1940. Elle a servi de décharge communale jusqu'en 1974, nivelée, elle est occupée par l'actuel marché aux bestiaux pendant la foire de Simon et Jude;

-          la grande sablière de la rue du Petit Landau (SAGRA), ouverte en 1963-64, lors du début de la mise en construction de l'autoroute A 35, s'étend actuellement sur environ 15 ha.

 

L'élevage n'a jamais été à Habsheim qu'une activité d'appoint de l'agriculture. L'exiguïté des prairies naturelles le long des ruisseaux du Weyerbach et du Muhlbach, malgré une irrigation réglementée jusqu'au XIXe s., l'abandon de la vaine pâture au milieu du XIXe s., l'interdiction des parcours et pacages dans la Hardt, en sont les causes principales.

En 1760, les prés représentaient 42,65 ha, soit 6,5% de la superficie totale du ban (forêt de la Hardt exclue). En 1895, les prés couvraient 41 ha, soit 6,1% du terroir. Le recensement agricole de 1907 donne: 61 chevaux, 354 bovins, 2 ovins, 289 porcins, 101 caprins, 2261 oiseaux de basse-cour, 54 ruches. En 1970-71 les herbages représentaient 60 ha (19,1% du ban). L'augmentation de la surface en herbe est surtout imputable à la régression du vignoble.

Les techniques modernes d'exploitation (cultures fourragères, ensilage) permettent de nourrir un cheptel de 230 têtes (enquête agricole de 1970-1971).

Par ses caractéristiques géomorphologiques, le terroir de Habsheim offre un certain nombre de potentialités économiques:

-          dans le secteur des collines, la viticulture et l'industrie extractive (carrières, glaisières, gypsières);

-          au pied des coteaux, l'élevage;

-          en plaine, l'agriculture, l'exploitation forestière et celle des sables et graviers;

Enfin par sa situation géographique sur la grande route:  des commerces et artisanats variés.